Pardonner comme Dieu pardonne

Ah le pardon ! Délicate question sur laquelle chacun d’entre nous pourrait écrire des livres entiers. Le pardon, c’est extrêmement simple à lire sur le papier mais dans la pratique c’est une toute autre histoire. Il est impossible d’aborder ce sujet sans plonger dans les méandres ténébreux du cœur de l’homme.  Bien plus encore, il est impossible de faire l’impasse sur cette question si on veut hériter le Royaume de Dieu. Beaucoup de chrétiens en ont fini avec la débauche, les vols, la violence et bien d’autres péchés visibles à l’œil nu et c’est tant mieux. Mais  trop nombreux sont ceux qui vivent avec la rancune et le ressentiment dans le cœur. Si seulement nous pouvions voir combien ces choses nous salissent et nous entraînent sournoisement à notre perte.  Que Dieu nous aide !

 

DIEU A ÉTÉ OFFENSÉ LE PREMIER

 

On ne peut pas parler du pardon sans parler de l’offense.

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Offenser signifie :

- blesser quelqu’un dans sa dignité, dans son honneur

- porter atteinte à la réputation, à la mémoire de quelqu’un

- enfreindre un principe, une règle, ne pas les respecter.

Toutes ces choses, Adam et Ève les ont infligées à leur Dieu et Père qui leur avait pourtant tout donné pour être heureux. Nous les lui avons nous-mêmes infligées pendant nos années d’errance loin de sa face. Malheureusement, nous continuons à l’offenser une fois convertis, soit par inadvertance -car nous bronchons tous d’une manière ou d’une autre (Jacques 3 :12)- soit par rejet et indifférence plus ou moins assumée vis-à-vis de lui. En effet, un chrétien qui pratique le péché n’a que faire de Dieu. Par conséquent, il le méprise et le rejette. Ceci nous amène à une conclusion que nous ne devons pas oublier : Dieu a été le premier offensé.

Essayons d’imaginer ce qu’il a pu ressentir quand il a vu l’homme qu’il chérissait tant se rebeller contre lui, le rejeter et lui manquer de respect alors qu’il ne lui a fait que du bien.

« Ainsi parle l’Éternel: Quelle iniquité vos pères ont-ils trouvée en moi, Pour s’éloigner de moi, Et pour aller après des choses de néant et n’être eux-mêmes que néant? » Jérémie 2 :5.

« Depuis le temps de vos pères, vous vous êtes écartés de mes ordonnances, Vous ne les avez point observées. Revenez à moi, et je reviendrai à vous, dit l’Éternel des armées. Et vous dites: En quoi devons-nous revenir? » Malachie 3 :7.

Personnellement, j’ai toujours été stupéfaite par l’humilité de Dieu qui a fait le premier pas vers la réconciliation, alors que l’homme avait non seulement péché, mais il avait en plus rejeté la responsabilité de sa faute sur Dieu.

« Et l’Éternel Dieu dit: Qui t’a appris que tu es nu? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger? L’homme répondit: La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé » Genèse 3 :11-12.

Si j’avais été à la place de Dieu, je pense que j’aurais au minimum définitivement coupé les ponts avec Adam et toute sa famille… Au pire, je me serais vengée en lui infligeant un châtiment à chaque fois que le souvenir de l’offense aurait provoqué un saignement dans mon cœur.  Heureusement que je ne suis pas Dieu, la race humaine n’aurait pas eu le temps de proliférer… (C’était la mentalité que j’avais dans le monde).

Nous l’aurons compris, sur la question du pardon nous n’avons strictement rien à apprendre au Seigneur. Nous ne sommes pas en mesure de discuter avec lui pour essayer de le convaincre que nous avons de bonnes raisons de tenir rigueur à quelqu’un et ce, quelle que soit la gravité de la faute commise par l’autre. Nul besoin de blasphémer ou d’être athée pour offenser Dieu, il suffit de nuire à son prochain ou à soi-même pour pécher contre lui. Quand on pèche c’est d’abord contre lui.

« Car je reconnais mes transgressions, Et mon péché est constamment devant moi. J’ai péché contre toi seul, Et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement » Psaumes 51 :5-6.

 

DIEU A PARDONNÉ LE PREMIER

 

Certains pourraient croire que Dieu s’est quand même vengé en maudissant Adam et Eve. Non, c’est faux. Dieu ne les a jamais maudits, c’est le serpent et le sol qui l’ont été (Genèse 3 :14 ; 3 :17). Il les a bannis du jardin d’Eden de peur qu’ils ne rentrent dans l’éternité en mangeant de l’arbre de vie et ne demeurent à jamais sous l’emprise du péché comme Satan (Genèse 3 :22).  Néanmoins, à cause de sa miséricorde, il les vêtit de vêtements de peau afin de cacher provisoirement leur nudité (symbole du péché) ; l’animal qui avait été sacrifié à cet effet préfigurait le sacrifice parfait que le Seigneur allait accomplir par la suite (Genèse 3 :21).

Plusieurs générations se sont écoulées avant que l’homme ne daigne regarder à Dieu. En effet, ce n’est qu’en Genèse 4 :26,  lors de la naissance d’Enosch, qu’on commença de nouveau à invoquer le nom de l’Eternel. C’est dire à quel point le cœur de l’homme est resté fermé, hermétique à la remise en question et à la repentance. Hénonc était le seul de sa génération à marcher fidèlement avec Dieu, c’est pourquoi il fut enlevé (Genèse 5 :24). Il en était de même avec Noé qui fut sauvé du déluge avec sa famille. Cela signifie que peu de personnes ont eu le cœur disposé à renouer des liens avec leur Dieu.

 2Le Seigneur n’a pourtant jamais abandonné l’idée d’habiter au milieu de son peuple. Du temps de la loi, il a lui-même prescrit les rituels qu’il fallait observer afin de rendre cette cohabitation possible sans que l’homme ne meure consumé par la sainteté de Dieu. Tous les sacrifices d’animaux couvraient le péché temporairement et protégeaient ainsi le peuple du jugement divin. Mais pour que le péché soit ôté, il fallait que coule un sang pur car sans effusion de sang, il n’y a point de pardon (Hébreux 9 :22). Tous les hommes sont pécheurs et toute la création a été affectée par le péché de l’homme (Romains 3 :23 ; Romains 8 :20), voilà pourquoi il n’existait nulle part sur terre un sang suffisamment pur qui puisse laver l’homme de son péché. Dieu a donc résolu de devenir homme car il n’y avait que son sang qui pouvait nous sauver. Nous connaissons toutes ces choses. Néanmoins, je voudrais cependant nous rappeler d’autres choses que nous oublions trop souvent.

« Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres. Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arrcher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix » Philippiens 2 :4-8.

Nous avons tendance à croire que Jésus n’a souffert qu’à la croix, or c’est faux. La croix a été l’apothéose de ses souffrances.

La Bible nous dit qu’il était un  homme «  de douleur, habitué à la souffrance » (Esaïe 53 :3). Jésus a souffert durant tout son parcours terrestre. Se dépouiller de sa gloire, abandonner la louange permanente qu’il avait au ciel, s’imposer des limites humaines alors qu’il est Tout-Puissant, omniscient et omniprésent, naître dans une étable au milieu des mauvaises odeurs et surtout devoir supporter la compagnie d’hommes pécheurs qui l’ont méprisé et rejeté, n’a pas été une partie de plaisir. Dieu a aussi découvert l’épuisement, la douleur ainsi que les petits et grands tracas du quotidien.

 Le comportement de ses contemporains qui l’ont majoritairement rejeté, a sûrement été comme un énième coup de poignard dans son cœur après ce qu’il s’est passé en Eden. Il est écrit que les yeux de Dieu sont bien trop purs pour voir le péché (Habacuc 1 :13). Bien souvent,  nous n’avons pas idée d’à quel point il est saint et d’à quel point la terre est souillée. Si nous devions faire une comparaison, nous pourrions dire que la sainteté de Jésus est comme une eau pure et limpide et que le péché est un écoulement d’égouts. Jésus qui marche parmi les hommes, c’est donc Jésus qui évolue au milieu des ordures et des effluves nauséabonds et cela pendant 33 ans. Vous qui êtes habitués à un certain confort, essayez donc de dormir ne serait-ce qu’une nuit dans une décharge et vous aurez une petite idée de ce que cela peut faire. L’humiliation que Dieu s’est imposée pour nous sauver est semblable à la déchéance qu’a connue une personne qui avait tout et qui du jour au lendemain n’a plus rien.

« Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché » Hébreux 4 :15.

Jésus a été tenté en toutes choses nous dit la Bible. Comme nous, il a connu les attaques spirituelles et l’oppression à cause de la faiblesse humaine qu’il s’est imposée. Toutefois, il n’a jamais péché.

Et que dire de son calvaire et de son agonie? Là encore, nous sommes loin de nous imaginer ce qu’il a enduré pour nous sauver.

Le Dr. C. Truman Davis s’est penché sur les dernières heures de la vie terrestre de Jésus et nous décrit dans les détails ce qu’a pu ressentir le Seigneur torturé puis crucifié.

Extraits du site http://www.croixsens.net:

« Après que l’arrestation au milieu de la nuit, Jésus fut emmené devant le Sanhédrin et Caïphe, le souverain sacrificateur ; c’est ici que le premier traumatisme physique lui fut infligé. Un soldat a frappé Jésus au visage parce qu’il est demeuré silencieux après avoir été interrogé par Caïphe. Les gardes du palais lui ont bandé les yeux et se sont moqués de lui en le défiant d’identifier ceux qui passaient devant lui en lui crachant dessus et en le frappant.

Tôt le matin, battu et meurtri, déshydraté, et épuisé par une nuit sans sommeil, Jésus est conduit à travers le prétoire de la forteresse Antonia, le siège du gouvernement du procurateur de Judée, Ponce Pilate. Vous êtes, bien sûr, au courant de la tentative de Pilate de passer la responsabilité à Hérode Antipas, le Tétrarche de Judée. Jésus ne semble pas avoir souffert d’aucun mauvais traitement physique aux mains de Hérode qui l’a retourné à Pilate. En réaction aux cris de la foule, Pilate a ordonné que Barabbas soit libéré et condamné Jésus à être flagellé et crucifié.

Il y a beaucoup de désaccord parmi les autorités en la matière à propos de la flagellation comme prélude inhabituel à la crucifixion. La plupart des auteurs romains de cette période n’associent pas les deux. Plusieurs érudits croient que Pilate a, à l’origine, commandé que Jésus soit seulement flagellé et que la sentence de mort par crucifixion est venue seulement en réponse aux railleries de la foule que le procurateur ne défendait pas correctement César contre ce prétendant qui se présentait comme le Roi des Juifs.

Les préparations pour la flagellation consistaient à dépouiller le prisonnier de ses vêtements et à lui attacher ses mains à un poteau au-dessus de sa tête. La loi juive limitait à 40 le nombre de coups, mais il est douteux que les Romains en aient tenu compte.

Le légionnaire romain s’avançait avec le fouet (flagrum ou flagellum) dans sa main. C’est un fouet court se composant de plusieurs lanières de cuir pesantes avec deux petites boules de plomb attachées près du bout. Le légionnaire fouettait de toutes ses forces les épaules, le dos, et les jambes de Jésus. En premier lieu, les lanières lacèrent la peau seulement. Ensuite, alors que les coups se succèdent, ils entament les tissus sous-cutanés, produisant d’abord un suintement de sang provenant des capillaires et des veines de la peau, et finalement, c’est le saignement artériel qui gicle des vaisseaux musculaires.

Les petites boules de plomb produisent d’abord des contusions larges et profondes qui sont ouvertes par les coups suivants. Enfin, la peau du dos pend par de longs lambeaux et toute la région dorsale est une masse méconnaissable de tissu déchiré et saignant. Quand le centurion estime que le prisonnier est près de mourir, il fait cesser la flagellation.

Jésus, à moitié évanoui, est alors délié et il s’effondre alors sur le trottoir en pierre, mouillé avec son propre sang. Les soldats romains trouvent cela bien drôle que ce Juif venant de la campagne prétende être roi. Ils lui jettent sur les épaules une robe longue et placent un bâton dans sa main pour servir de sceptre. Ils ont encore besoin d’une couronne pour terminer leur déguisement. Des branches flexibles couvertes de longues épines (généralement utilisées pour attacher par paquets le bois de chauffage) sont tressées dans la forme d’une couronne, puis sont enfoncées dans son cuir chevelu. Encore une fois, Jésus saigne abondamment, le cuir chevelu étant un des secteurs les plus vasculaires du corps.

Après s’être moqués de lui et l’avoir frappé au visage, les soldats lui ôtent le bâton de sa main et s’en servent pour le frapper sur la tête, enfonçant les épines plus profondément dans son cuir chevelu. Finalement, ils se fatiguent de leur sport sadique et ils arrachent la robe du corps de Jésus. La robe ayant déjà adhéré aux caillots de sang et de sérum dans les blessures, elle lui cause une douleur atroce quand on la lui enlève, comme quelqu’un qui enlève sans précaution un bandage chirurgical. Les blessures commencent alors une fois de plus à saigner, presque comme si elles encore étaient fouettés.

Par déférence pour la coutume juive, les Romains lui redonnent ses vêtements. Le patibulum lourd de la croix est attaché sur ses épaules, et le cortège du Christ condamné  (les deux voleurs, et un petit groupe de soldats romains chargés de l’exécution et dirigés par un centurion) commence son lent voyage le long de la Via Dolorosa. Malgré ses efforts de marcher redressé, le poids de la poutre ainsi que le choc produit par la perte copieuse de sang, sont trop pour Jésus. Il trébuche et tombe. Le bois rugueux creuse dans la peau et les muscles lacérés des épaules. Il essaye de se relever, mais les muscles humains ont été poussés au delà de leur résistance.

Le centurion, impatient de procéder avec la crucifixion, choisit un vigoureux spectateur d’Afrique du Nord, Simon de Cyrène, pour porter la croix. Jésus suit, saignant encore et transpirant de la sueur froide et moite causée par le choc, jusqu’à ce que le voyage de 650 verges de la forteresse Antonia à Golgotha soit finalement terminé.

On offre à Jésus du vin mélangé à la myrrhe, un mélange analgésique doux. Il refuse de le boire. On ordonne à Simon de placer le patibulum sur la terre et Jésus est rapidement renversé vers l’arrière avec ses épaules contre le bois. Le légionnaire trouve la dépression à l’avant du poignet. Il enfonce profondément dans le bois à travers le poignet un clou en fer pesant et carré. Rapidement, il se déplace de l’autre côté et répète la procédure en faisant attention à ne pas trop étirer les bras pour permettre une certaine flexion et un peu de mouvement. Le patibulum est alors soulevé en place au dessus du poteau. Un écriteau avec l’inscription « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs  » y est clouée.

Le pied gauche est pressé vers l’arrière contre le pied droit, et avec les deux pieds étendus, les orteils vers le bas, un clou est enfoncé à travers l’arche de chaque pied, laissant la possibilité aux genoux de se plier un peu. La victime est maintenant crucifiée. Alors qu’il s’affaisse lentement en mettant plus de poids sur les clous dans les poignets, une douleur atroce est déclenchée le long de ses doigts et explose dans son cerveau – les clous dans les poignets mettent de la pression sur les nerfs médians. Quand il se redresse pour éviter ce tourment causé par l’étirement, il place tout son poids sur le clou dans ses pieds. Une fois de plus, il y a une agonie fulgurante causée par le clou déchirant ses nerfs entre les os du métatarse des pieds. Rendu à ce point, alors que les bras se fatiguent, de grandes vagues de crampes balaient ses muscles, les nouant dans une douleur élançante, profonde et sans répit. Ces crampes l’empêchent de se redresser. Pendant par les bras, les muscles pectoraux sont incapables de faire leur travail. L’air peut être aspiré dans les poumons, mais ne peut être exhalé. Jésus lutte pour se soulever afin de pouvoir prendre une petite respiration. Finalement, le dioxyde de carbone s’accumule dans ses poumons et dans son sang ce qui le soulage partiellement de ses crampes. De manière spasmodique, il est capable de se soulever pour exhaler et inhaler ensuite l’oxygène qui le maintient en vie […]C’est maintenant presque fini. La perte de fluide des tissus a atteint un niveau critique ; le coeur comprimé lutte pour pomper du sang lourd, épais qui monte lentement dans les tissus ; les poumons torturés font un effort frénétique pour inhaler des petites bouffées d’air. Les tissus déshydratés de manière marquante envoient leur flot de stimuli au cerveau. Jésus halète son cinquième cri :  » J’ai soif  » . Son état correspond à celui décrit au verset 15 du Psaume 22  » Ma force se dessèche comme l’argile, et ma langue s’attache à mon palais ; tu me réduis à la poussière de la mort. »

On porte alors aux lèvres de Jésus une éponge plongée dans du posca, un vin amer bon marché servant de boisson principale aux soldats Romains. Il refuse apparemment de boire le liquide. Le corps de Jésus est maintenant rendu à ses limites, et il peut sentir la froideur de la mort ramper dans ses tissus. Réalisant cela, il prononce sa sixième phrase, possiblement en murmurant  » Tout est accompli « .

Sa mission expiatoire est complétée. Finalement, il peut permettre à son corps de mourir. Avec un dernier sursaut d’énergie, il pousse encore ses pieds déchirés contre le clou, redresse ses jambes, prend une plus longue respiration, et prononce sa septième et dernière phrase :  » Père, je remets mon esprit entre tes mains « .

Vous connaissez le reste. Pour ne pas profaner le sabbat, les Juifs demandent que les condamnés soient enlevés de leur croix. La crucifracture était la méthode habituelle de terminer une crucifixion ; on brisait les os des jambes. Ceci empêchait la victime de se soulever ; ainsi, la tension dans les muscles pectoraux ne pouvait être soulagée et la suffocation se produisait rapidement. Les jambes des deux voleurs furent brisées, mais quand les soldats parvinrent à Jésus, ils ont vu que cela n’était pas nécessaire… » Lire l’article complet ICI.

Dieu nous a accordé son pardon à ce prix-là. Quelle raison peut-on opposer au Seigneur pour refuser de pardonner à notre prochain ?

 

LE PARDON : UNE OBLIGATION ET NON UNE OPTION

 

« Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses » Matthieu 6 :14-15.

Le pardon n’est pas un détail, un sujet secondaire ou anecdotique sur lequel nous pouvons nous permettre de faire l’impasse. Bien au contraire, il s’agit d’une thématique centrale car il est au cœur de notre relation avec Dieu et de nos relations les uns avec les autres. Respecter les recommandations liées au pardon revient à appliquer les deux plus grands commandements : aimer Dieu plus que tout et aimer son prochain comme soi-même.

 « Un docteur de la loi se leva, et dit à Jésus, pour l’éprouver : Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Qu’y lis-tu ? Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même. Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela, et tu vivras » Luc 10 :25-28.

Nous ne pouvons pas prétendre aimer notre prochain en nourrissant de la rancune à son égard. Refuser de pardonner revient à s’enfermer dans une position d’orgueil et à considérer l’autre comme pire pécheur que soi. Or devant Dieu un péché reste un péché et sans la repentance, tous les péchés quels qu’ils soient mènent en enfer.

La Bible est claire : si nous refusons de pardonner, Dieu ne nous pardonnera pas non-plus. Autant dire que la rancune, le ressentiment, l’amertume, l’envie de vengeance nous enfermement dans une situation catastrophique. La terre entière peut nous en vouloir mais si Dieu nous tourne le dos, c’en est fini pour nous. En effet, nous bronchons tous les jours de plusieurs manières, ce qui nous amène à demander pardon au Seigneur quasiment tout le temps (pour une mauvaise pensée, une mauvaise parole, une mauvaise action). Dans sa bonté, Dieu nous accorde chaque jour son pardon, étant ainsi fidèle à sa Parole : «Alors Pierre s’approcha de lui, et dit : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois » (Matthieu 18 :21-22).

Mais si Dieu refuse de nous pardonner à cause de notre propre manque de pardon, cela signifie que nous demeurons chargés de nos péchés et que nous redevenons des candidats pour le lac de feu.

« C’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents.Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il avait, et que la dette fût acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit : Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. Après qu’il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniersIl le saisit et l’étranglait, en disant : Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant : Aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l’autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu’à ce qu’il eût payé ce qu’il devait. Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit : Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié ; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi ? Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur » Matthieu 18 :23-35.

Nous sommes dans la situation du serviteur qui devait dix mille talents au roi, quoi que notre dette envers Dieu était incalculable. Jésus nous a accordé la rémission des péchés (Ephésiens 1 :7) tout comme le bon roi a remis la dette du serviteur. Seulement voilà, ce dernier rencontra un compagnon qui lui devait beaucoup moins que ce que lui devait au roi : cent petits deniers. Au lieu de se montrer miséricordieux à son tour, il usa de violence envers son compagnon, le harcela, le culpabilisa et le condamna. N’est-ce pas là de la méchanceté ? Bien souvent, nous autres chrétiens agissons sans compassion ni miséricorde. Nous regardons les païens avec mépris et oublions qu’il fut un temps où nous étions comme eux. Entre chrétiens, nous nous montrons implacables car nous exigeons à leur égard une attitude irréprochable alors que nous ne le sommes pas nous-mêmes. Voilà pourquoi, nous sommes connus pour être la seule armée au monde qui achève ses blessés. Il y a là de quoi rougir de honte. J’ai remarqué que nous arrivons à nous prendre la tête pour pas grande chose: un regard qui passe mal, une bise non faite et nous avons des éléments qui suffisent à créer un drame.  Et nous voilà en train de lever les mains au ciel, le cœur lourd et adressant à Dieu une louange impure… Retenons bien comment a réagi le roi face à ce méchant serviteur : il a annulé la rémission de sa dette et l’a jeté en prison. Donc si nous demeurons dans la rancune, Dieu cessera de nous faire grâce pour toutes nos offenses et nous nous retrouverons dans une situation pire qu’avant notre conversion (Matthieu 12 :45). C’est très grave.

« Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande » Matthieu 5 :23-24.

« Maris, montrer à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible ; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu’il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières » 1 Pierre 3 :7.

Vous avez un problème de pardon et vous continuez à prier, du moins vous essayez? Sachez que cela ne sert à rien, Dieu ne vous écoute pas. Matthieu 5 :24 précise bien que Dieu recevra l’offrande après la réconciliation et en aucun cas avant.

 

PARDONNER : UNE DOUBLE DÉLIVRANCE

Sans titreNous l’avons vu, si nous ne pardonnons pas c’est d’abord à nous-mêmes que nous nuisons. Personnellement, je ne connais aucune personne qui puisse vivre heureuse en ayant un problème de pardon. L’amertume est comme un feu qui vous consume sournoisement depuis l’intérieur et qui fait des rejetons. Elle ouvre la porte à des maladies psychiques et physiques et donne un large accès à la possession démoniaque.

« Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés » Hébreux 12 :15. Nous avons donc tout intérêt à pardonner : nous serons en paix avec Dieu, avec notre prochain et avec nous-mêmes.

« Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et aucune occasion de chute n’est en lui. Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux » 1 Jean 2 :10-11. La Bible dit que celui qui aime son frère n’a pas d’occasion de chute en lui. A l’inverse, celui qui ne pardonne pas et qui bascule dans la haine, trouvera en lui une multitude d’occasions de chute.

Mais qu’en est-il de la personne qui nous demande pardon ?

« Si quelqu’un a été une cause de tristesse, ce n’est pas moi qu’il a attristé, c’est vous tous, du moins en partie, pour ne rien exagérer. Il suffit pour cet homme du châtiment qui lui a été infligé par le plus grand nombre, en sorte que vous devez bien plutôt lui pardonner et le consoler, de peur qu’il ne soit accablé par une tristesse excessive » 2 Corinthiens 2 :5-7.

Refuser de pardonner à son prochain alors qu’il s’est excusé revient à l’accuser en permanence et à le maintenir sous le poids de la condamnation. En clair : nous faisons le travail du diable car il est celui qui accuse tout le temps (Apocalypse 12 :10).

« Quoique je vous aie attristés par ma lettre, je ne m’en repens pas. Et, si je m’en suis repenti, -car je vois que cette lettre vous a attristés, bien que momentanément, – je me réjouis à cette heure, non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la repentance ; car vous avez été attristés selon Dieu, afin de ne recevoir de notre part aucun dommage. En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort » 2 Corinthiens 7 :8-10.

En refusant de pardonner, nous risquons de provoquer une tristesse qui mène à la mort  (découragement, abattement, culpabilité) chez celui qui nous a offensés. En clair : nous le poussons à apostasier. Si la personne n’est pas chrétienne, et bien nous ne lui donnerons pas envie de se convertir.

Ne l’oublions pas, Jésus a dit : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jean 13 :35). Témoignons donc notre amour envers notre prochain en le pardonnant et nous serons alors de vrais disciples de Jésus-Christ.

 

POUR LA PAIX AVEC MON PROCHAIN ET LA PAIX DU CŒUR

 

« S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes »Romains 12 :18.

« Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande » Matthieu 5 :23-24.

Dans ce passage, on voit bien qu’il s’agit d’entamer une démarche de réconciliation alors qu’on sent que l’autre nous en veut. On doit agir ainsi même si on n’a rien à se reprocher et cela dans le but de retrouver la paix. Il arrive en effet qu’on ait causé du tort à quelqu’un sans l’avoir voulu et donc sans s’en rendre compte. Si la personne ne prend pas l’initiative de venir nous parler, c’est à nous de percer l’abcès. Naturellement, il convient de demander pardon pour que les choses rentrent dans l’ordre.

Cependant, mettre en pratique ces recommandations est parfois plus difficile qu’on ne le croit. Car il existe une espèce de chrétiens ultra susceptibles qui ont l’art et la manière de faire du chantage affectif. Avec eux, on marche sur les œufs et il convient de les prendre constamment avec des pincettes. Il existe aussi une autre espèce, tout aussi intrigante, particulièrement de mauvaise foi, qui ne demande jamais pardon quoiqu’elle soit à l’origine de l’offense. Ils attendent qu’on vienne s’excuser et jouent les blessés alors que la faute leur incombe. J’en ai personnellement connu et je peux vous dire qu’ils sont redoutables car ils ont un don pour vous mettre hors de vous-mêmes.

Mais vous savez quoi ? Dieu m’a demandé à de très nombreuses reprises de m’humilier et de leur présenter des excuses alors que je n’avais rien fait. Pour être humiliante, c’est une expérience humiliante. Bien entendu, j’ai lutté avec le Seigneur avant de céder. Je ne pouvais pas comprendre que Dieu, qui est pourtant juste, ne fasse aucun cas des affronts que je subissais et qu’il exige que j’aille demander pardon à ces prétendus chrétiens. J’en ai pleuré de rage et d’amertume. Je ne cessais de m’imaginer des conversations où je clouais le bec à ces gens. Mais je sentais que le Seigneur demeurait totalement indifférent à mes arguments. Pour seule réponse de sa part, j’avais deux mots qui raisonnaient inlassablement dans mon esprit : « Excuse-toi ! ».  Je finissais par obéir, la mort dans l’âme, car je voulais être en paix avec Dieu. Je me sentais alors mieux car j’avais obéi au Seigneur mais je gardais tout de même une petite amertume à l’égard de la personne qui avait abusé de la situation de la sorte. Dieu a donc permis que j’aie à faire à un proche, récidiviste de l’offense, un monument d’orgueil, qui excellait dans l’art de me blesser sans jamais s’excuser. Et là encore, le Seigneur m’imposait cet impératif : « Pardonne ! ».  Et je lui répondais : « Mais Seigneur, comment veux-tu que je pardonne à quelqu’un qui ne s’excuse même pas ? Toi aussi tu exiges qu’on s’excuse, qu’on se repente, avant de nous accorder ton pardon ». J’ai ainsi lutté pendant de longs mois car j’avais trop mal et je ne parvenais pas à comprendre que Dieu me demande une telle chose au lieu de me rendre justice. Du coup j’en voulais aussi à Dieu. L’amertume s’est accumulée et cela a donné accès  à l’ennemi : je suis tombée très malade. Le mal intérieur est devenu physique, c’était insupportable. L’amertume avait produit ses rejetons. A bout de forces, j’ai fini par lâcher prise. Je souffrais tellement que les autres problèmes, et en particulier celui avec cette fameuse personne, me paraissaient mineurs. Tout d’un coup, j’ai pu pardonner facilement ce qui, jusqu’ alors, était pour moi impardonnable. J’ai libéré mon coeur et Dieu m’a guérie.

Je suis donc passée par un processus de brisement sur mesure. Pour rien au monde je ne voudrais réitérer cette expérience. Je reconnais cependant que le Seigneur a permis ces choses pour mon bien. Il a fait un travail de fond dans mon cœur. Le Seigneur m’a tapé dessus au travers de cette personne jusqu’à ce qu’il tue l’orgueil et d’autres scories tapies dans mon cœur. J’ai appris à pardonner et à prendre de la distance par rapport aux aléas de la vie. J’ai aussi appris à ne pas compter excessivement sur l’homme car il est faillible et c’est pour cela qu’il nous déçoit et nous blesse si souvent. Je ne dis pas avoir tout compris sur ce sujet mais je sais que le Seigneur a fait un travail énorme de ce côté-là.  Les offenses n’ont pas cessé mais je réagis différemment. Tous les soirs je me couche en paix quoiqu’il arrive. Croyez-moi, cette paix-là n’a pas de prix.

Le Seigneur m’a fait comprendre une chose capitale : nous devons avoir un cœur enclin à pardonner jusqu’à 77 fois 7 fois par jour, c’est-à-dire inlassablement. Pardonnons et laissons la vengeance à notre Dieu qui juge chacun selon une justice parfaite (Romains 12 :19).

La Bible nous dit ceci : « Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5 :8). Jésus n’a pas attendu qu’on lui présente des excuses avant de décider de venir nous racheter. Il avait élaboré le plan de notre salut avant la fondation du monde (1 Pierre 1 :17-21). Son pardon était donc disponible bien avant l’offense. Des gens l’ont insulté et se sont moqués de lui alors qu’il agonisait sur la croix, et pourtant cela ne l’a pas empêché de dire : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23 :34-39). C’est ce cœur-là que nous devons avoir.

Pour pardonner il faut crucifier son moi et aimer l’autre comme soi-même, voire plus que soi-même. Pardonner ce n’est guère facile surtout quand on a été  trahi, abusé, blessé, meurtri par l’autre. Parmi les personnes qui liront cet article, il y en a qui ont subi des choses atroces et inimaginables. Les plaies de votre cœur sont encore à vif et vous vous sentez incapable de libérer le pardon. Et pourtant il le faut. Pourquoi s’imposer en plus le tourment de l’amertume alors que vous souffrez déjà tellement ? Le pardon est un don surnaturel et miraculeux de Dieu, il ne se libère donc pas en faisant des efforts charnels. A ceux qui se pensent incapables de pardonner, criez au Seigneur et il vous aidera. Les méthodes qu’il emploiera risquent de vous faire couler beaucoup de larmes mais ce ne sera pas en vain. Prenez courage, avec Dieu nous pouvons faire plein d’exploits, y compris celui du pardon sincère et total.

 

 Adèle F.

 

source: http://www.lesdokimos.org/2014/05/31/pardonner-comme-dieu-pardonne/

 

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